Au revoir Ubuntu, bonjour Fedora
Je suis (enfin, j’étais) fidèle à la distribution GNU/Linux Ubuntu depuis ses tout débuts en octobre 2004, soit depuis plus de 20 ans, sur mes postes de travail comme sur mes PC personnels. Mais ces derniers mois, sur mon PC perso avec un disque de 250 Go, j’avais très régulièrement des problèmes d’espace disque que j’avais du mal à m’expliquer. Je me suis aperçu qu’une bonne part de ces problèmes provenait d’une gestion que je trouve problématique des paquets snap, dont les versions obsolètes étaient conservées. J’ai résolu ce problème d’espace disque grâce à l’excellent Cédric Frayssinet qui, sur son blog, a documenté plusieurs lignes de commande bien utiles pour faire du ménage.
Comme beaucoup, je n’étais pas du tout convaincu de l’utilité de gérer des applications importantes (dont mon navigateur, Firefox) par ce système, qui posait quelques problèmes au quotidien. Et puis il faut bien dire que je commençais à rencontrer des difficultés dans les montées de version, notamment d’une LTS à l’autre. Bref, je me suis dit qu’il était temps d’explorer d’autres possibilités, et d’installer une toute nouvelle distribution sur ce PC afin de retrouver un peu de confort à l’usage. Mes besoins étaient simples : une distribution avec un cycle de mises à jour assez soutenu, pour bénéficier des dernières versions des logiciels, et la possibilité de continuer d’utiliser un environnement de bureau Gnome, que j’apprécie pour sa simplicité, et auquel je suis habitué.
J’avais évidemment plusieurs possibilités en tête, dont deux qui se dégageaient clairement : Debian (sur laquelle s’appuie Ubuntu) et Mint (que j’ai déjà conseillée et installée sur les postes de personnes de mon entourage qui ont souhaité quitter Windows). Ne fermant pas la porte à d’autres possibilités, j’ai posté un petit sondage sur Mastodon, afin de voir ce qui m’était conseillé, en conservant une option “Autre” pour avoir des ouvertures. Résultat : sur 87 votes, 47% me conseillaient de passer sur Debian, 34% sur Mint, et 18% me proposaient d’explorer d’autres pistes, explicitées en commentaires.
Dans les commentaires, ce sont une petite dizaine de personnes qui m’ont conseillé la distribution Fedora, et je suis allé jeter un œil pour me faire une idée. Une distribution basée sur Red Hat (donc changement de gestionnaire de paquets à prévoir, en passant de apt à dnf), une expérience Gnome “pure”, une nouvelle version tous les six mois (qui suit le rythme des versions de Gnome), et des applications rapidement disponibles dans leurs dernières versions. Je me suis rapidement laissé convaincre puis me suis lancé : une toute dernière sauvegarde de mes données importantes sur un disque dur externe, le téléchargement d’une image iso de la distribution dans sa version 42, la création une clé USB bootable pour essayer / installer Fedora, l’installation elle-même et la mise à jour du système et des applications, la réinstallation et le paramétrage de mes applications (Thunderbird, Firefox, Signal, Zotero, Texmaker, VS Codium…), et pour finir, la restauration de mes données : toutes ces opérations ne m’ont pris que trois heures (plus ou moins).
Et me voilà avec un beau bureau Gnome tout beau tout propre, sur lequel j’ai mes repères (même si j’ai ajouté une ou deux extensions Gnome, comme par exemple dash to dock pour lancer plus facilement mes applications, et que j’ai réinstallé le thème d’icônes numix-circle, que j’apprécie beaucoup), un disque dur avec 100 Go de libre (j’ai fait un peu de ménage au moment de la restauration des données), et une distribution qui, pour l’instant (deux semaines après son installation) tient ses promesses sans perturber mes usages quotidiens.
Reste à voir sur mon PC de boulot, mais là ça ne dépend pas que de moi, même si j’aimerais contribuer à définir la ou les bonnes distributions Linux à installer et configurer sur les postes de la DSI ou des services administratifs, selon les cas d’usages, dans le cas encore très improbable où le pilotage académique se pencherait sur la question d’un système d’exploitation libre et maîtrisé pour ses agents.
Sur un sujet proche : je participerai à ma première install party (en tant qu’intervenant) le 14 octobre prochain, sur le campus de Beaulieu de l’université de Rennes, à l’initiative des bibliothécaires de l’université, à l’occasion de la fin annoncée du support de Windows 10.